Rebecca Horn, We are butterfly
Artiste d’origine allemande, Rebecca Horn a construit son projet artistique au début des années 1970, suite à une grave infection pulmonaire, après avoir manipulé des matériaux nocifs, qui l’oblige à rester isolée dans un sanatorium pendant 1 an. Un besoin urgent de communiquer l’entraîne à travailler à partir de son corps. Elle réalise à cette époque des « corps-extensions ». Absurdes et poétiques à la fois ces excroissances synthétiques, parfois assimilées à des prothèses, le prolongement de ses mains (Feather Fingers, 1972), de ses seins (Cornucopia, Seance for Two Breasts, 1970) lui permettent d’appréhender de nouvelles sensations de l’espace. Etre confinée dans une chrysalide avec « La Veuve du Paradis » (1975) où porter des gants pour les doigts (Fingers Gloves,1972) avec lesquels elle peut toucher deux pans de murs opposés, actes dérivant de ses phobies et de son insatiable besoin de protection. Une autre performance « Unicorn »(1970) met en scène une jeune femme nue dans la nature, qui est prête à se marier, et qui porte sur la tête une corne blanche maintenue par des bandages. Toujours dans la lignée du body art, le « Pencil mask » (1972) consiste en une armature de cuir noir dotée de crayons et destinée à être portée sur le visage, c’est la tête qui « dessine » avec difficulté par d’incessants allers-retours. Son visage trace sur le papier des lignes incongrues alors que la figure de l’artiste prend une tournure surnaturelle.
« Lorsque vous souffrez, vous faites l'expérience d'un jeu extrême. Cela peut vous libérer et ouvrir bien plus grand la vision que vous avez de vous-même et de votre propre corps »
A de nombreuses reprises, RH utilise des plumes pour confectionner des cocons et des carapaces qui protègent (Black Cockfeather, 1971) et subliment le corps (Douce prisonnière, 1978). Avec « Uberstromer » (La Machine à faire circuler le sang, 1970), un vêtement fait de tuyaux de plastique transparent dans lesquels circule de l'eau colorée en rouge fait de la machine une métaphore du vivant.
Peu à peu son travail s’accentue sur la création de petites machines, présentées dans des scénarios où interviennent des oiseaux, toutes sortes de liquides : eau, mercure ou des armes et autres instruments de musiques. Ces « sculptures performances » invoquent le mécanisme de la répétition autant que de celui de l’usure. La machine s’apparente aux hommes, elle montre leurs limites, en dépit de ce qu’elle a produit, ici des lignes tracées par une tiges en fer, et là de l’encre projeté sur un mur (Light imprisoned in the Belly of the Whale, 2006). Et quand le mouvement repart, la machine reprend son rythme et ses mouvements initiaux. Des mouvements qui scandent de la même façon la vie humaine, prisonnière du temps. Vulnérables les machines de RH sont à notre image.
« Ce qui m’intéresse c’est l’âme d’un objet, pas sa mécanique »
Elle a également réalisé plusieurs longs métrages comme la « Ferdinanda » (1981), où dans une villa, près de Florence, les propriétaires sont contraints de louer les lieux pour des fêtes afin de pouvoir maintenir leur train de vie. Une envolée de masques, au sens figuré, qui montre à quel point l’authenticité est un concept oublié.
Ses travaux les plus récents sont le fruit d’œuvres monumentales et chargées historiquement. Pour une plage de la ville de Barcelone, l’artiste a réalisé « l’Estel Ferit » (1992) une sculpture de 10 mètres de haut à l’équilibre fragile, en apparence, constituée de 4 cubes les uns au dessus des autres. En hommage aux quartiers des pêcheurs de l’époque, la « barceloneta » et à ses bars et restaurants « Les xiringuitos », la tour est témoin de ce passé, qui été tombé dans l’oubli suite aux rénovations des Jeux Olympiques de 1992. A Munster, en 2007, elle investit une tour, ancienne prison et lieu de torture nazi, en y disposant des bougies et des marteaux frappant continuellement ainsi qu’un œuf sur une tige qui symbolise l’espérance.
De nombreuses références, littéraires ou cinématographiques sont à l’origine de ses travaux, mais l’essentiel est relatif au vivant, à l’énergie et aux métamorphoses du corps.
Rebecca Horn, traite du mécanisme de la transformation, de l’éternel recommencement, des cycles- déjà esquissés dans les mouvements répétitifs et circulaires des machines- mais dont la course peut être bouleversée et l’aliénation brisée. Des objets récurrents et symboliques, des œufs, des ailes de papillons, des plumes et des miroirs parviennent à incarner des concepts abstraits, tels que l’éternité, le temps, la mort et la vie.
« les machines de Rebecca Horn sont des machines de parade installées dans cet instant où le désir de vie, c'est-à-dire, pour reprendre les termes de Platon dans Le Banquet, le désir d'immortalité, I'emporte sur la mort. Dans leurs mouvements réglés, I'espace et le temps se bouclent pour répéter sans trêve le rituel d'une parade somptueuse reconduite comme pour l'éternité de sa fin à son origine qui n'est que désir. » Stephan Barron
L’œuvre de RH célèbre l’alchimie et incite à trouver cette sagesse qui transforme le quotidien en or.
« J'utilise mon corps, j'utilise ce qui m'arrive et j'en fais quelque chose. »
ENGLISH TEXT
German artist Rebecca Horn has built her artistic project in the early 1970s, following a serious lung infection, after handling noxious materials, which forces her to remain isolated in a sanatorium during 1 year. An urgent need to communicate leads her to work from her body. She creates at this time, some "body-extensions". Absurd and poetic at the same time, these synthetic growths, sometimes similar with prosthesis, extending her hands (Feather Fingers, 1972), her breasts (Cornucopia, Seance for Two Breasts, 1970) allow her to grasp new sensations space. Being confined in a chrysalis with "The Widow of Paradise", 1975 or wearing “Fingers Gloves” (1972) where she is scratching both walls at once, are acts deriving from her phobias and her insatiable need for protection. An another performance, "Unicorn" (1970) depicts a nude young woman walking into the nature, ready to get married, who carries on his head a white horn held by bandages. Always in line with the body art movement, the "Pencil mask" (1972) consists of a black leather frame with pencils and designed to be worn on the face, the head "draws" with difficulty by incessant trips. Her face mark on the paper incongruous lines while the figure of the artist takes a supernatural twist.
"When you suffer, you experience an extreme game. This can make free and open much larger vision you have of yourself and your own body "
On many occasions, RH uses feathers for making cocoons and shells that protect (Black Cockfeather, 1971) and enhances the body (Sweet prisoner, 1978). With “Uberstromer” (Overflowing Blood Machine, 1970), a garment made of transparent plastic tubes in which circulates red colored water, shows the machine as a metaphor of life.
Gradually her work focused on the creation of small machines, presented in scenarios where birds are involved, all kinds of liquids: water, mercury or weapons and musical instruments. These "performances sculptures" invoke the mechanism of repetition as well as the wear. The machine is similar to humans, it shows its limits, despite what it has produced, as lines drawn by iron rods, or ink projected onto a wall (Light imprisoned in the Belly of the Whale, 2006). And when the movement restarts, the machine resumes its rhythm and its initial movements. Movements that punctuate the same way the human life, prisoner of time. The artist’s vulnerables machines are in our image.
"What interests me is the soul of an object, not its mechanical"
She has also directed several features like “Ferdinanda” (1981), where in a villa near Florence, owners are forced to rent the place for parties in order to maintain their lifestyle. A flight of masks, figuratively, that shows how authenticity is a forgotten concept.
Her most recent work is the result of monumentals artworks and often historically loaded. For a beach in Barcelona, the artist made "Estel Ferit" (1992), a 10 meters high sculpture with an fragile balance appearance, which consists of 4 cubes above each other. In tribute to fishermen neighborhoods of old times, the "Barceloneta" and its bars and restaurants "the xiringuitos", this tower witnessed the past, which was forgotten after renovations for Olympic Games in 1992. In Munster (2007), she invests a tower, which was a prison and a Nazi place for torture, with candles, the noise of some hammers continually striking and an egg on a stem that symbolizes hope.
Many references, from literature or film are at the origin of its work, but the key is on the living, energy and body makeovers.
Rebecca Horn, discusses the mechanism of transformation, eternal renewal, cycles, already outlined in the repetitive and circular machines movements but whose the race can be disrupted and the alienation broken. Recurring and symbolic objects, eggs, butterflies, wings, feathers and mirrors reach to embody abstract concepts such as eternity, time, death and life.
"Rebecca Horn machines are installed in this parade moment where the desire for life, that is to say, in the words of Plato in the Symposium, the desire for immortality, take it over death. Settled in their movements, space and time are buckled to repeat incessantly the ritual of a lavish parade renewed for eternity which from its end to its origin is only desire. " Stephan Barron
The work of RH celebrate alchemy and encouraged to find this wisdom that transforms everyday’s life into gold.
"I use my body, I use what happens to me, and I make something"
![[art saves life]*](https://image.over-blog.com/AqB0X1ZIn6RzcCO5aO6T1riCtLw=/100x100/smart/filters:no_upscale()/image%2F0114897%2F20171016%2Fob_710242_plan-de-travail-1.png)














