Katharina Fritsche, Tischgesellschaft, 1988
Cette installation de 32 personnages identiques face a face autour d’une table, témoigne d’un fort réalisme qui en même temps suggère le malaise.
Ces clones laissent entrevoir une perspective impressionnante qui renforce un sentiment d’effroi déjà bien entamé avec leurs attitudes. Un dos légèrement voûté, des mains posées sur la table, le regard perdu dans leurs pensées, ils ont l’air d’être similaire jusque dans leurs états d'âme.
L’image d’une standardisation qui oppresse et condamne les individus à vivre dans le même moule, à être en proie aux même tourments est le fruit d’une société de consommation, autant monotone, qu’effrayante.
Le contraste de leurs vêtements noir, qui n’est pas sans rappeler l’uniforme, sur une peau blanche est surréaliste alors que la nappe imprimée de motifs rouge vif, induit un détail surprenant et ancré dans le réel.
La surface, les proportions comme les couleurs rappellent de façon très précise la rigueur de l’art minimal mais chez KF, le propos est sombre. Cet homme robotisé est résigné, il nie toute forme de singularité et se prive en même temps de sa liberté d’expression.
Avec un impact visuel maximal, KF pointe le doigt sur les contradictions du comportement humain. Concentré sur le futur et enraciné dans le passé, l’individu ne trouve de répit que dans ce qui lui est connu, s’excluant aussitôt de l’infini des possibles.
« Nombre de mes sculptures existent d'abord comme une image immatérielle qui émerge soudain dans mon esprit. C'est comme une vision. Je pense en images. » KF
![[art saves life]*](https://image.over-blog.com/AqB0X1ZIn6RzcCO5aO6T1riCtLw=/100x100/smart/filters:no_upscale()/image%2F0114897%2F20171016%2Fob_710242_plan-de-travail-1.png)