Peter Dreher, Tag um tag guter tag
Depuis 1974, cet artiste allemand peint régulièrement un verre d’eau vide.
Avec ce même sujet, grandeur nature, toujours à la même place, il défie les spectateurs de voir les différences au sein de la familiarité. Chaque tableau révèle quelque chose de différent comme le reflet de fenêtres ou de formes plus floues.
Influencé par Andy Wharol - qu’il cite en se comparant à une machine – il réduit son geste pour viser le moins d’expressivité possible, cependant la notion de reproduction n’est pas exclusive dans son travail. P.Dreher considère cette œuvre comme une « réduction phénoménologique » ; selon le philosophe Edmund Husserl notre perception du monde est pré-structuré par nos connaissances et cela entrave notre objectivité. Cet état de fait, repris par les bouddhistes zen, engage chacun à être conscient de son environnement et à l’observer sans jugement.
Cette série de peintures réalistes laisse place à un travail éminemment conceptuel. D’ailleurs Dreher est souvent comparé à On Kawara ou Roman Opalka, dont les œuvres se concentrent sur les chiffres. Néanmoins, ces artistes s’intéressent à la notion du temps qui passe alors que la série de Dreher suggère un discours différent : en prônant l’objectivité, qui demeure pourtant quasi-inaccessible, Dreher invoque la nécessité pour l’individu de se défaire de toutes certitudes.
![[art saves life]*](https://image.over-blog.com/AqB0X1ZIn6RzcCO5aO6T1riCtLw=/100x100/smart/filters:no_upscale()/image%2F0114897%2F20171016%2Fob_710242_plan-de-travail-1.png)

