On Kawara, the time teller
Depuis le 4 janvier 1966, cet artiste japonais, installé à NY, répertorie le temps mécanique, en peignant chaque jour la date en cours « today series ». Sur un fond monochrome, de couleur fonçée, qu’il réalise à la peinture acrylique, il indique à la main, sans pochoir, la date, dans la nomenclature propre au lieu où il se trouve. Ensuite, il range chaque toile dans une boite avec une coupure de presse du jour correspondant.
D’autres séries, s’ajoutent autour des « date paintings », les « I read », « I met », « I went » et « I got up ». L’artiste associe alors à ses toiles, des écrits précis sur les livres ou articles qu’il a lus, les personnes qu’il a rencontrées et les endroits visités ou séjournés, via des cartes géographiques et postales, qu’il envoie le jour même de l'action.
En 1969, il envoie trois télégrammes à l’exposition d’art conceptuel de Paris IV, avec la phrase « I am still Alive » (je suis toujours vivant), naîtra alors la série du même nom, où l’artiste entend répondre aux interrogations du public dans le monde entier.
En 1971, il expose son premier livre « One Million Years past » qui correspond à un répertoire d’années, 1 million au total et expose son second livre en 1983 sur le même principe en y inscrivant cette fois les années futures « One Million Years futures ». Chaque livre contient 2000 pages.
Bien que son travail soit associé à l’art conceptuel, pour sa facture mécanique et son projet, aucun matériau ne pourrait se substituer. Les tableaux ont une dimension précise, ils sont peints à la main et comportent chacun une signature au dos, qui les rend irremplaçables.
En quête d’exhaustivité, dans le compte rendu d’un « ici et maintenant », le projet de OK ne trouvera de fin qu’à sa mort. Les actes de la vie humaine sont reportés avec un souci très marqué d’objectivité, et pour quel résultat ? le constat monotone du temps qui coule. Aucun événement important n’est mis en évidence.
L’œuvre de OK laisse jaillir la vérité en faisant naître la contemporanéité ultime d’un regard froid.
«Le temps qui n'existe pas et qu'on ne peut sentir» Patricia Marshall
![[art saves life]*](https://image.over-blog.com/AqB0X1ZIn6RzcCO5aO6T1riCtLw=/100x100/smart/filters:no_upscale()/image%2F0114897%2F20171016%2Fob_710242_plan-de-travail-1.png)





